LA PAROLE IMPUISSANTE ?
Vigueur du plaideur, impotence de l’acteur.

Réflexions sur un monde immobile par Xavier Delacroix
Pourquoi avons nous le sentiment aujourd’hui que sur tous les grands sujets qui animent la sphère publique, tout a été déjà été débattu, disserté, échangé, « colloqué » ici et ailleurs ? Que tous ces sujets qui irriguent nos débats quotidiens sont désormais objet d’échanges tournant sur eux-mêmes, s’observant à être débattus, et étrangers à la décision et l’action ?
D’où vient ce sentiment que débats et colloques - la parole - sonnent furieusement creux ?
Les mots du débat, ses acteurs, ses lieux sont-ils obsolètes ? A moins que loin d’être un moyen, la parole soit devenue une fin en soi, un masque triste cachant l’impuissance, juste chargée de faire patienter, de mettre du rose aux joues d’un acteur impotent ?
Cet ouvrage délibérément hybride juxtapose deux approches : un regard critique sur le besoin d’échanges et de débats comme palliatif attristé à un enfermement progressif du citoyen n’ayant plus que l’illusion de maîtriser autre chose que l’alvéole dans laquelle il (s’) est enfermé.
Une seconde mettant en scène ces débats sur des sujets centraux pour notre démocratie fatiguée - la décision, les risques, les contre-pouvoirs, l’organisation du territoire… - que pendant dix ans une association, l’Afcap, et un cabinet de conseil, First&42nd, ont organisés.
Il appartient au lecteur de se faire son opinion sur cette juxtaposition, une façon de donner la réplique à Jules Renard qui écrivait dans son Journal en date du 24 octobre 1887 : « Si d’une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins ».